Un Art de Vivre Galerie d'Art Africain...

            La Côte d'Ivoire dans l'ère du renouveau!

Message à tout le peuple ivoirien.
(27.12.99)

Chers amis, 

Certes depuis 72H nous étions anxieux! Le signataire qui vous connaît depuis 30 ans, ainsi que votre beau pays pour y avoir vécu plusieurs années, a suivi heure par heure l'évolution de la situation.
Ce que l'on peut dire, c'est que vous avez montré au monde entier "une chose exemplaire":
un changement de régime sans effusion de sang!
Pour qui vous connaît, dans ce que vous avez de plus généreux, à savoir le sens de l'hospitalité, une humanité, et une gentillesse exceptionnelle, cela n'étonne pas. Vous auriez eu pourtant le droit légitime d'être autrement, vous ne l'avez pas fait. Bravo! Cela ne fait que vous honorer plus encore.
La dernière crainte que nous avions, heureusement dissipée par notre ami Seydou, était le problème tribal et ethnique (chose incompréhensible pour ceux qui ne connaissent pas la Côte d'Ivoire en particulier et l'Afrique en général), or il semble que le consensus est présent lui aussi.
Alors nous souhaitons au Général Robert Gueï, votre nouveau Président (ex St-Cyrien, cela devrait rassurer les occidentaux), de remettre les choses en ordre dans votre pays, puis de passer la main aux civils après consultations électorales limpides.

Rédac'Chef d'Espace francophone.

Notre correspondant Seydou, journaliste à Abidjan, raconte dans le détail les jours de la fin d'un pouvoir...
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La Côte d'Ivoire après le putsch du 24 décembre

En prenant le pouvoir, l'armée vient d'éviter à la Côte d'Ivoire de découvrir les affres de la guerre civile. Dès que les militaires ont annoncé qu'ils avaient déposé le Président de la République, la population est sortie dans les rues pour les acclamer en libérateurs. Même ceux des Ivoiriens qui soutenaient le régime par tribalisme, parce qu'ils sont de la même ethnie que le Président et son épouse (Baoulé ou Agni, du groupe Akan), tous ceux-là gardent le profil bas. Il n'y a pas  eu de lynchage parmi la population civile, les soldats ne se sont pas affrontés non plus, et ils n'ont tué ni le Président, ni aucun des "intouchables" du régime.

"C'est le plus beau Noël que nous ayons connu dans notre pays, même si nous l'avons passé enfermés chez nous". 
C'est en substance ce que répètent en cœur les Ivoiriens après avoir vécu le premier coup d'État de leur histoire. La situation était en effet devenue intenable pour la population qui s'appauvrissait de jour en jour alors que les privilégiés ne faisaient qu'accroître leur train de vie. Aujourd'hui en Côte d'Ivoire, le salaire minimum interprofessionnel garanti est de 33.000 Francs CFA. Comparativement, un ordinateur coûte en moyenne 1.000.000 F, une habitation moyen standing vaut 60.000 F, une voiture 5.000.000 F CFA, un litre d'essence 400 F, une baguette de pain 125 F, une année universitaire 1.000.000 F, etc.

Pour se maintenir au pouvoir malgré son impopularité et ses carences, le pouvoir Bédié s'était appuyé sur le tribalisme et l'achat de conscience. De nombreux hauts cadres étaient obligés de militer au sein du PDCI au pouvoir sous peine de perdre leurs postes. Les détournements de fonds impunis étaient monnaie courante et la population en avait sincèrement marre. Les derniers affrontements entre la population et les forces de  l'ordre, incidents qui avaient abouti à l'arrestation et à l'incarcération des principaux dirigeants du RDR, l'un des partis  de l'opposition, montraient par leur violence le ras-le-bol de la population, et principalement des ressortissants du Nord qui envisageaient une sécession plutôt qu'un nouveau mandat du dictateur. C'est donc de justesse que la guerre civile a été évitée.

Le nouveau Président de la République a reçu hier l'allégeance de toutes les composantes des forces de l'ordre dont les principaux responsables, presque tous de l'ethnie Baoulé, avaient pris la poudre d'escampette au début de la mutinerie. C'est ainsi que la population a pu voir à la télévision le Chef d'État-major des FANCI, l'Amiral Timité, le Commandant Supérieur de la Gendarmerie, le Directeur Général de la Police, le Directeur Général de la Douane, ainsi que certains ministres dont le ministre des Affaires Étrangères, Essy Amara, et les tristement célèbres ministres d'État Fologo et Bombet (Intérieur). Le Président Bédié a longuement discuté avec l'extérieur pour trouver une terre d'accueil, après qu'il ait été autorisé par les putschistes à quitter le pays. C'est que l'homme était aussi impopulaire à l'extérieur qu'à l'intérieur de son pays.

La population étrangère n'a aucune raison de s'inquiéter. Les mutins se sont bien sûr livrés à quelques scènes de pillage mais à part les stations services qui avaient fermé leurs portes pour ne pas leur servir gratuitement du carburant, ils ne se sont en général attaqués qu'aux magasins détenus par des ressortissants libanais, communauté qui s'est forgée une mauvaise réputation dans la corruption. En effet,
la plupart des commerçants libanais fraudent à la douane, ce qui leur permet de casser les prix de leurs marchandises, ils ne paient pas l'impôt, distribuent des pots de vin autour d'eux pour ne pas avoir à se mettre en règle. Ce n'est donc pas le grand amour entre eux et la population. Mais à part ce cas isolé, le peuple Ivoirien est très accueillant.

Le nouveau régime est venu pour balayer la maison et y mettre de l'ordre avant de le remettre aux civils. La population compte beaucoup là-dessus, notamment sur les comptes que le dictateur déchu et les "barons" de l'ancien régime doivent rendre sur la gestion des fonds publics et leur enrichissement illicite. Si les militaires tiennent parole, le pays récupérera les milliards disparus à la Caisse de Stabilisation, au Trésor, sur les grands chantiers, à la SODESUCRE, à la douane, au Crédit de la Côte d'Ivoire, à la BNEC, etc. Nul doute que si cet argent rentre, la Côte d'Ivoire limitera son recours au FMI et autres institutions internationales pour se lancer résolument sur la voie du progrès. Ce ne sont pas les potentialités qui manquent. Pour peu que la loi s'impose à tous et qu'elle soit respectée, ce pays deviendra très vite le miroir de l'Afrique.

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Abidjan deuxième jour - confirmation de la veille.

Aux environs de 10H30 ce matin du 24 décembre 1999, le coup d'État a été confirmé par les militaires. Les principales villes de l'intérieur du pays sont sous le contrôle de l'armée. Le nouveau Chef d'État, le Général Gueï Robert et ses hommes sont acclamés partout en libérateurs dans les rues par la population. Le couvre-feu a été instauré de 18H à 5H du matin.

Toute la nuit d'hier des tirs d'armes sporadiques se sont fait entendre dans tous les quartiers d'Abidjan. Vers 2H du matin, une radio étrangère annonce la prise de l'aéroport par les mutins. Les patrouilles de militaires en tenue de combat se sont poursuivies jusqu'au petit matin à bord de Jeeps de l'armée ou de véhicules réquisitionnés pour la circonstance. Les mutins sont restés en faction devant la télévision et la radio. Tôt le matin, on a entendu les soldats crier en tirant en l'air "c'est Bedié qu'on cherche !"

Ce matin du 24 décembre, veille de Noël, le transport est perturbé à Abidjan. Les autobus de la SOTRA se font rares, les chauffeurs de taxis hésitent à prendre des clients, les particuliers préfèrent garer leurs voitures à la maison de peur qu'elles ne soient réquisitionnées par les mutins. 
Autant de raison qui font que la population se prépare mentalement à une dure journée. Et, effectivement, elle le sera. Lorsque j'arrive dans le quartier populaire d'Adjamé, il est 10H GMT. Le boulevard Nangui Abrogoua, la plus grande voie de la commune, est noire de monde. 
Les mutins font du rodéo en tirant en l'air à bord des véhicules réquisitionnés sous les acclamations des badauds. Aux abords de la grande mosquée, un cadavre jonche le sol, baignant dans une marre de sang. Pour certains, c'est un pillard qui a été abattu par les militaires, pour d'autres, c'est un mutin ivre qui l'a abattu. 

Je continue de progresser. Un peu plus loin, des magasins brûlent : de grandes flammes s'échappent des rideaux de fer. Au niveau de l'INSP (un hôpital), un barrage. Les militaires nous obligent à faire un détour. Le Plateau est désert, mais comme dans tous les quartiers, les soldats filent à bord de leurs engins en tirant des coups de mitraillettes en l'air. Les gens s'interrogent toujours sur ce qui se passe. La thèse des mutins de la MINURCA semble s'imposer. Après son intervention d'avant-hier, le Président Bedié se serait retiré dans son village natal de Daoukro. Mais il serait rentré à Abidjan pour y rencontrer ce matin à 11H les mutins. La population attend donc la tenue de cette rencontre pour se situer sur la fin  de la mutinerie. 

Je suis au niveau  de l'immeuble du CCIA lorsque le décor change. Des militaires passent en trombe en criant aux passants : "c'est fini, Gueï Robert est président !". Il est 10H30.

Le Général Gueï Robert, ancien Chef d'État-major des FANCI sous Houphouët-Boigny et ancien ministre avait été suspecté d'avoir préparé un coup d'État à la mort de ce dernier. Sa traversée du désert l'avait rapproché de la population qui ne comprenait pas son silence. Ainsi donc, la mutinerie s'était muée en coup d'État. C'est déjà des manifestations de joie dans les rues du Plateau, tout le monde félicite les militaires qui s'adonnent alors à un véritable concert de rafales d'armes automatiques. Un passant m'apprend que le Général Gueï vient de s'exprimer sur les  antennes de Radio Nostalgie, une chaîne privée. 

Je continue à pied vers le centre du Plateau. La radio est toujours occupée mais il n'y a plus beaucoup de badauds. C'est vrai que le Plateau est un quartier administratif et que les gens ne se sont même pas fatigués pour venir au bureau aujourd'hui. Lorsque j'arrive au niveau du Palais Présidentiel, je vois, contrairement à hier, une Jeep de mutins sortir, et je constate que la garde a été considérablement allégée. C'est à peine si on peut voir derrière les grilles quelques éléments de la Garde Républicaine. 
Lorsque j'arrive au niveau de Radio Nostalgie, à la sortie du Plateau, côté Pont Chardy, une Jeep de mutins vient stationner et les soldats échangent quelques mots avec les journalistes et les passants. C'est la confirmation. Le Général Gueï s'apprête à aller faire un tour au Palais tout à l'heure. Quelqu'un demande après le Président Bedié et les militaires répondent en se moquant : " Nous sommes allés chez lui tout à l'heure. Il n'y avait même pas un poulet pour le garder. Personne autour de sa résidence, tout le monde a fui. Il s'est enfermé à l'étage avec quelques hommes..." On apprend également que les mutins sont allés ouvrir les portes de la prison civile pour libérer les prisonniers politiques qui s'y trouvaient.

Je fais mouvement vers le quartier résidentiel de Cocody. Les radios étrangères informent la population sur le cours des événements. C'est ainsi que j'apprends qu'on avait pu joindre par téléphone le Président Bedié et qu'il se considérait toujours comme le Chef de l'Etat. Ensuite, on annonce l'intervention du Général Gueï qui a dit que les mutins venaient de déposer Bedié et qu'ils avaient mis sur pied un comité national de salut public. 

Arrivé à Cocody, je constate que les abords de la télévision sont toujours gardés. Les soldats ont dressés des barricades avec des tables, des poubelles et ... des autobus aux carrefours et contrôlent cette voie, le boulevard Latrille, qui mène directement à l'Hôtel Ivoire, mais aussi, un peu plus bas, à la résidence du président déchu. Les habitants des environs sont tous sortis pour voir ce qui se passait. Les soldats patrouillent, kalachnikov au poing, certains communiquent par radio ou avec des téléphones cellulaires. Un char surgit, ses occupants échangent avec leurs frères d'armes, et il prend position. Une mitraillette de la DCA arrive également. Maintenant, tous les corps se côtoient, bérets verts, bérets noirs, bérets rouges, sapeurs pompiers, marins, etc., tous ont déclaré leur soutien au mouvement.

La télévision et la radio ont recommencé à émettre, mais elles ne passent que de la musique entrecoupée de bref communiqués. Le Président déchu a réussi à sortir de sa résidence pour se réfugier à l'Ambassade de France à qui il aurait demandé l'asile politique. S'exprimant sur les ondes des radios étrangères qu'il vilipendait hier encore, il demande à la population de résister aux putschistes. On raconte que son épouse et ses enfants ont été arrêtés ainsi que plusieurs barons du régime et qu'ils sont gardés au camp militaire d'Akouédo. Alors que la presse étrangère parle encore de "tentative de coup d'État" puisque Bedié ne se reconnaît pas vaincu, les militaires se surveillent, cherchant à savoir si certains parmi eux essayeront de voler au secours du dictateur renversé. 

A l'entrée des 2 Plateaux, en tous cas je vois deux véhicules de la Gendarmerie, un cargo et une Jeep dont les roues ont été crevées. Ces gens auraient essayé de résister aux mutins. Que sont-ils devenus? Mystère. A 20H, Son Excellence Gueï Robert, Président de la République de Côte d'Ivoire adresse un message à la nation. Il rassure tout le monde et remercie la population et les autres corps habillés (gendarmerie et police) pour leur soutien. 
Le Président de la Cour Suprême dissoute félicite les militaires et cède son micro au tristement célèbre Bombet, jusqu'alors intouchable ministre de l'Intérieur et l'un des incendiaires qui étaient prêts à jeter le pays dans la guerre civile. Vêtu d'une chemise simple, il reconnaît que toute oeuvre humaine peut être imparfaite et parle de solidarité d'une petite voix. Ensuite, la télévision diffuse les scènes de liesse populaire qui se sont déroulées dans les rues à l'annonce de la prise du pouvoir par les militaires. C'est une joie indescriptible, tout le monde pleure de joie et remercie les libérateurs. En clair, tout s'est passé dans le calme, sans effusion de sang.

Le couvre-feu est respecté. Toute la nuit on entend de courtes rafales d'armes automatiques du côté de Cocody. Des soldats circulent dans les rues et arraisonnent les conducteurs qui circulent encore, mais d'une manière générale, chacun est rentré chez lui. 

A bien réfléchir, ce coup d'Etat ressemble à ce qui s'est produit au Niger il y a quelques mois. Le Président Baré Maïnassara ne voulait plus entendre raison, il a été abattu à l'aéroport par un élément de sa sécurité et ensuite, les militaires ont juré que c'était une bavure et non un coup d'État pour ne pas inquiéter la communauté internationale. Ici, il n'y a pas eu d'effusion de sang, mais on a mis les mutins et leurs revendications en avant. Les mutins ont occupé la rue, le temps de voir si les hommes du Président dans l'armée allaient se découvrir. 24 H plus tard, les masques sont tombés et les militaires ont mis fin à une dictature qui durait depuis l'indépendance du pays.

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Abidjan: 23 décembre 1999

Mutinerie ou coup d'État? Abidjan est occupé depuis midi le 23 décembre 1999. Les militaires ont quitté les casernes pour descendre dans la rue. Certains parlent de revendications salariales, d'autres, de coup d'État. Qu'en est-il exactement?

Des militaires en tenue de combat, des rues barricadées, des véhicules arrachés à leurs propriétaires, des supermarchés attaqués dont le SOCOCE des II Plateaux, de grands restaurants tels que le BMW dévalisés, des rafales d'armes automatiques tirées, la radio, la télévision et l'aéroport assiégés et coupés du reste de la ville, voici le spectacle qu'offre Abidjan, capitale de la République de Côte d'Ivoire depuis 24H.

Les clients faisaient tranquillement leurs achats dans le supermarché "le SOCOCE" lorsqu'ils ont vu débarquer un cargo de militaires. Personne ne se doutait de se qui se tramait lorsque les premières rafales de mitraillettes ont retenti. Après avoir vidé les caisses, les soldats sont repartis toujours en tirant en l'air. On ne déplore aucune perte en vie humaine.

Je suis arrivé au SOCOCE quelques minutes après le passage des mutins. Déjà, on entendait des coups de feu de plus en plus persistants à l'autre bout du Boulevard Latrille qui mène à la Maison de la Télévision, mais aussi vers la Résidence de M. Henri Konan Bedié, Président de la République. J'ai essayé de me rendre au Plateau; le quartier des affaires, qui abrite aussi le Palais Présidentiel, le Camp Gallieni (État-major des Forces Armées Nationales) et presque tous les ministères. La route qui mène à Cocody est barrée par des soldats en armes. Les passagers des autobus sont donc obligés de descendre pour continuer à pied. Arrivé au Plateau, je constate que les rues sont désertes de voitures. Les fonctionnaires sont descendus des immeubles de verre et cherchent à rentrer chez eux. Que se passe-t-il? Personne ne sait. Il semble que ce soit une mutinerie comme cela a été le cas quelques mois avant le décès du Président Houphouët. D'autres pensent plutôt à un coup d'État. Des sources mieux informées disent qu'il s'agit des soldats de la MINURCA (Forces des Nations Unies en Centrafrique) qui disent que leurs primes ont été détournées par leurs supérieurs. Ce qui est sûr, c'est que cela coïncide avec le discours insipide délivré par le Président de la République avant hier devant les députés, discours révoltant qui a été diffusé jusqu'à très tard hier nuit par la télévision nationale.

De temps en temps, des soldats passent, mitraillettes au point accrochés à des voitures arrachées à leurs propriétaires. Les stations services ont toutes fermé, ainsi que les magasins. Lorsque j'arrive du côté de la radiodiffusion nationale, je vois des véhicules militaires devant. Des soldats avec des peintures de guerre sur le visage tiennent en respect une foule de curieux et tirent des rafales en l'air.

Du côté de la Présidence de la République, des commandos circulent dans la cour en scrutant l'extérieur. Un groupe de bérets rouges (commandos) apparemment loyalistes se rapproche du point chaud de la radio... et fait demi-tour sous la huée des badauds. Il semble qu'on fasse tout pour éviter l'affrontement.

Pendant ce temps, à Cocody-les-II Plateaux, les soldats débarquent au restaurant BMW où on est en train de célébrer un mariage, ils tirent en l'air et obligent le personnel à leur remettre la recette. Quant à moi, j'arrive aux environs de 18H GMT devant la cour de la télévision nationale. Même décor: chars militaires, barricades, soldats en armes, coups de feu. Tout juste à côté, les fonctionnaires américains du Centre Culturel Américain s'affairent au téléphone derrière leurs vitres blindés. Assurément, la nuit sera chaude.

©Koné Seydou,
Journaliste à Abidjan - Côte d'Ivoire

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